Workshop

PAR QUATRE CHEMINS

Gauthier Plaetevoet

LES ACTEURS DU PROJETS

  • Artiste: Gauthier Plaetevoet;
  • Enseignant(s): une professeure d’arts plastiques, Aude Renault, un professeur de Sciences de la Vie et de la Terre, un professeur d’EPS, un professeur d’Histoire-Géographie
  • Niveaux: 1 classe de seconde et 1 classe de 1ère de spécialité, soit 28 élèves (13 et 15).
  • Etablissement : Lycée Marguerite de Valois, Angoulême, Charente.

ORIENTATION DU PROJET


Ce projet est lié à la formation "Être au paysage" qui s’est déroulée au Centre d’art de Vassivière en mai 2019 et où l’enseignante Aude Renault a candidaté pour expérimenter un workshop en classe avec un artiste choisi par le Centre d’art de Vassivière.

Gauthier Plaetevoet avait participé à une exposition au centre d’art pendant l’été 2018, sa pratique semblait pertinente par rapport à l’équipe enseignante initiale composée d’une professeure d’arts plastiques et de ses collègues de SVT et EPS.

L’atelier alors co-construit avec Gauthier Plaetevoet devait conduire les élèves à expérimenter la dérive comme processus de création, in situ, sur l’île de Vassivière: prendre des chemins de traverse en franchissant, pré, bois et sentiers balisés, redessiner des parcours et une cartographie du lieu en opérant des prélevés de matières visuelle, texturée, sonore et du mouvement même des corps arpentant l’île (tracés).

De cet échantillonnage initial, il s’agissait de tirer des tables d’orientation positionnées au Lycée lors d’un workshop, des cartes, tracés et installations devaient être élaborés avec les élèves.

Projet qui aurait dû se dérouler pendant l’année scolaire 2019-2020 et annulé à cause du premier confinement et repensé au fil des aléas de la crise sanitaire sur l’année scolaire 2020-21.

NOTE D’INTENTION DE L’ARTISTE GAUTHIER PLAETEVOET
« Nous avons rectifié le cap et ne cessons de le faire depuis le lancement afin de s’adapter aux conditions météo de la présence des élèves par groupe une semaine sur deux.
Effectivement nous avons décidé de travailler à distance en les embarquant dans un jeu de piste au sein d’un univers qui joue sur les terrains communs entre le monde marin et celui du web.
Ce jeu de piste vise à leur faire explorer leur trajet quotidien entre le lycée (surnommé le Paquebot avant le projet) et leur domicile afin de transcender leur façon quotidienne de le vivre. Nous leur proposons de ne plus voir ce parcours comme un déplacement déterminé reliant un point de départ à une destination induit par la forme et la signification des différents éléments qui composent son environnement (bâtiments, routes, véhicules, météo,
enseignes, musiques, personnes, etc.). Nous leur proposons plutôt de naviguer, voire de dériver, à travers ces éléments quotidiens en les réinterprétant. Nous leur proposons aussi d’en trouver de nouveaux en écoutant le chant des sirènes, en dehors de leurs cadres, à côté de leurs repères, au-dessus de leurs habitudes.
Ainsi, c’est un jeu ouvert à la curiosité, la connaissance et l’observation, une exploration des voies navigables qui leur sont inconnues mais qui sont là, juste derrière l’horizon. Pour cela, Aude et moi sommes les maîtres du jeu donnant le cap tout au long des différentes étapes (que j’ai appelé "escales") et énigmes qui composent le projet. Parce que chaque escale est protégée par une énigme qu’il faudra décoder, presque de la piraterie. Chaque énigme résolue est suivie par une feuille de route et une indication d’outil pour faire des relevés
de types traces GPS, croquis, enregistrements sonores ou vidéos, frottages, écrits. À chaque étape, un type de relevé différent que nous devons ramener à LA VIGIE, notre QG numérique. C’est l’endroit où nous rassemblons tous ces relevés et où nous pouvons les analyser, les trier.
Ainsi, cela nous permet, dans un premier temps, d’accumuler de la matière que nous considérerons par la suite comme outils de réinterprétations de ces parcours.
En essayant de voir sous la surface de leur pratique quotidienne de ce parcours, nous nous focalisons sur les récits qui tissent une couche sensible, sociale, poétique sur l’espace-temps d’un lieu, ici la ville en connexion avec le rural. »

Ce projet s’est finalement recentré sur le cours d’arts plastiques et sur une version "en distanciel". Cette grande capacité d’adaptation au contexte de l’ensemble des acteurs, a permis des innovations intéressantes de la pratique du workshop en temps de crise.

PRATIQUES ARTISTIQUES DES ÉLÈVES

Un projet sans cesse redéfini à cause de la crise sanitaire, le thème choisi dès le départ, expérimenter la dérive, a permis de repenser avec les partenaires le workshop initialement prévu par le PREAC et le Centre d’art et du paysage de l’île de Vassivière. L’atelier s’est déroulé en Lycée général avec 2 groupes d’élèves un groupe d’option en seconde, 13 élèves, et un groupe de spécialité en première, 15 élèves, et a permis de

  • Expérimenter d’un projet artistique en distanciel;
  • Échanger de manière épistolaire avec un artiste via une application créée pour l’occasion;
  • Créer du lien dans une année où le distanciel en lycée à créer un rythme particulier pour l’établissement scolaire et pour les élèves;
  • Arpenter, regarder, expérimenter de son territoire proche (chemin domicile/établissement) en tant qu’objet artistique.

Production uniquement virtuelle qui a permis de développer tout un process innovant. Gauthier Plaetevoet a récupéré et traité toutes les données des territoires arpentés par les élèves. Il en fait ensuite un objet numérique

L’enseignante, Aude Renault produit une restitution très détaillé publié sur son site académique :

PARTENARIATS

Le Centre International d’art et du paysage de l’île de Vassivière a mis en contact et participé à la co-construiction du workshop avec l’artiste.

RETOUR D’EXPÉRIENCE

Pour l’artiste, cet atelier fut donc l’occasion de s’intéresser au travail de codage et d’innover dans sa pratique du workshop, qui sera poursuivi à l’avenir.

Le retour des élèves est positif malgré la frustration de n’avoir rencontré Gauthier qu’en visio conférence. En mai 2021, Gauthier Plaetevoet devait venir au lycée mais cela n’a pas été possible. Les élèves à la rentrée 2021 ont demandé si le projet continuait, cela montre qu’ils ont beaucoup apprécié cette aventure même à distance.

Pour l’enseignante, l’artiste a été quelqu’un d’exceptionnel avec un très grand investissement. Sa capacité de repenser le projet, les innovations qu’il a mis en place tout au long des deux années, la qualité des échanges qu’ils ont pu avoir ensemble sont remarquables et les ont poussés à réfléchir à un moyen de poursuivre l’aventure avec un autre projet au-delà de cette première collaboration.

"3 confinements et des périodes d’accalmie sont passés sur ce projet, l’ont transformé sans toutefois l’éroder. Il s’est simplement repensé et reconfiguré en continu. A ce jour, il s’est concrétisé en un escape game, qui s’est pensé et élaboré à distance entre Lyon (lieu de résidence de l’artiste) et la Charente, sur un territoire échancré dont le noyau est le Lycée Marguerite de Valois, Angoulême.

De novembre 2020 à mai 2021, des échanges épistolaires version 2021 avec une application pour Smartphone imaginée et construite par Gauthier Plaetevoet ont permis de mener à terme cette expérience de workshop à distance.

Des protocoles de prélevés de données sont envoyés chaque semaine aux lycéens. A chacun de s’emparer de la proposition et d’alimenter la banque de data du projet, “la Vigie”. Il s’agit d’explorer le territoire entre le domicile de l’élève et le lycée, territoire inconnu et quotidien."

Un workshop en amène un autre:

Un autre projet avec l’artiste et l’enseignante est en cours de réflexion. Il sera financé par un autre biais que le Preac. Le projet questionnera cette fois-ci la météorologie, il sera intitulé "bilan climatique". Ce sera l’occasion de poursuivre une réflexion sur le paysage mais d’une autre façon. Ce projet sera aussi l’occasion d’approfondir les questions liées à la conversion et à l’interprétation de données. Les élèves seront amenés à travailler sur la récupération d’images liée à la météo avec l’écriture d’un protocole de relevé de données. Ce protocole sera ensuite donné à des élèves programmeur NSI (numérique et sciences informatiques) avec un professeur mathématique (1ere année de cet enseignement au lycée)