Workshop
TERRE A TERRE #3
Morgane Kabiry
Mallette
ADOPTER UNE OEUVRE
La mallette "Terre à terre" proposait de questionner l’art et le paysage à travers la rencontre de deux œuvres:
- Hermigua d’herman de vries en collection du Frac-Artothèque de Nouvelle Aquitaine
- Waldputz de Michaël Sailstorfer dans le bois de sculpture du centre d’art de Vassivière
L’objet incitatif placé dans la mallette était un échantillon de terre de l’île de vassivière
LES ACTEURS DU PROJETS
- Artiste: Morgane Kabiry.
- Enseignantes : Carine Joyeux (arts appliqués), Marie Fauvet France (lettres histoire), Myriam Larcher (mathématiques-sciences) et Chantal Labourdie (professeure coordinatrice de la structure micro-lycée).
- Niveaux : une structure intitulée micro-lycée. C’est une structure française de retour à l’école, expérimentale, qui permet aux jeunes volontaires, de niveau troisième/seconde, âgés de 16 à 25 ans en situation de décrochage, de reprendre des études après une interruption de scolarité d’au moins 6 mois. Dans le cas de l’établissement choisi , il y a principalement des élèves allophones arrivés récemment en France.
- Établissement : Lycée Professionnel Gaston Roussillat Creuse, Saint Vaury, Creuse.
ORIENTATION DU PROJET
C’était la troisième expérimentation de cette mallette "Adopter une œuvre # terre à terre" qui pour l’occasion a été renommée "Actions et empreintes".
Morgane Kabiry, l’artiste choisie, avait participé à la formation "Adopter une œuvre #2". Pour l’artiste, être présente sur le temps de la formation, lui a permis de rencontrer une partie de l’équipe enseignante, et de connaître le dispositif proposé par le PREAC. Ces premiers échanges ont grandement facilité le travail de co-construction à la rentrée scolaire suivante.
Morgane Kabiry a proposé un travail de vidéo qui a renouvelé les pratiques réalisées à partir de cette mallette.
L’objectif était de travailler sur le territoire et les déplacements, en écho avec le profil des élèves qui étaient de 8 nationalités différentes sur la structure du micro-lycée.
Le titre "Actions et empreintes" s’est trouvé être un élément incitatif qui permettait un renouvellement de l’objet mallette mais aussi des projets qui peuvent découler de la rencontre des mêmes œuvres.
La réalisation de ce projet a permis aux élèves d’appréhender les notions d’Art et de paysage dans les pratiques plastiques contemporaines tout en travaillant leur intégration et en donnant du sens à leur présence au lycée.
PRATIQUES ARTISTIQUES DES ÉLÈVES
Dans ce projet la terre a été mise en œuvre différemment des précédentes expérimentations. C’est la terre qui est sous nos pieds, sous les pieds des lycéens, qui a été un espace, un support du travail. Cette terre va recevoir des empreintes. Ainsi la question de la trace de notre passage sur Terre a été abordée en écho à la fois de l’œuvre de Michaël Sailstorfer et du parcours de ces élèves venus des quatre coins du monde.
Le médium vidéo s’est très vite imposé pour l’artiste, puisque c’est une manière de garder trace.
Ainsi, le workshop a permis aux élèves lors des différentes étapes de travail de réaliser
- des empreintes, des gestes plastiques qui questionnent la trace;
- l’installation des empreintes in situ à Vassivière;
- la réalisation d’une vidéo, de l’écriture d’un scénario, à la prise de vue, la mise en scène et le montage;
- la création d’une bande sonore en fonction des images réalisées.
Le projet s’est construit par des petites séances de travail régulières, 2 à 5 heures toutes les deux semaines entre le mois de février et le mois de juin 2019. Les médiums vidéo et son se prêtent plus à des ateliers récurrents, de part les différentes étapes de travail, la nécessité de tri des rushs, le temps du montage.
De plus cette temporalité était adéquate pour le public d’élèves pour qui des rendez-vous avec l’artiste au fil de l’année permettait un engagement dans le projet et une lutte contre le décrochage scolaire.
Durant cette année, un grand nombre d’actions ont été réalisées au sein du micro-lycée en lien avec le workshop "Actions et empreintes".
Par exemple, les élèves ont fait une ballade dans le Puy des 3 cornes, site naturel à proximité de l’établissement scolaire. Marcher dans le froid, se salir les pieds est une difficulté pour les élèves. Leur ressenti est plutôt négatif dans la nature. La sensibilité au fait artistique n’est pas immédiate. « J’ai vu des gens mourir, j’ai failli mourir, je m’en fous de ton truc ! »
Cela a permis à l’équipe enseignante de travailler dans un premier temps sur le présent, les couleurs, la lumière, les sensations. Cependant, l’objectif suivant a été de travailler sur l’engagement et permettre à ces élèves de dire des choses sur le monde réel et le monde d’aujourd’hui.
La sortie dans le Bois de sculptures de Vassivière a permis aux élèves, à l’artiste et à l’enseignant de découvrir et de questionner les différentes formes d’interventions dans le paysage comme l’œuvre de Michael Sailstorfer, mais aussi de faire une partie du workshop, du temps de pratique avec l’artiste. La vidéo finale a en effet été tournée à Vassivière dans le Bois de sculpture. Les questions de cadrages, de mise en scène, de placement des empreintes dans cet espace naturel , à permis aux élèves d’avoir une autre relation avec le paysage que lors de la sortie initiale au puy des 3 cornes.
PARTENARIATS
Le Centre International d’art et du paysage de l’île de Vassivière a proposé un temps de médiation dans le bois de sculpture autour de l’œuvre de Michael Sailstorfer.
Le Frac Artothèque Nouvelle Aquitaine a réalisé un temps de médiation dans l’établissement scolaire autour de l’œuvre d’herman de vries.
ABOUTISSEMENT DU PROJET
Un film intitulé « Je suis l’autre » sur la thématique de la rencontre, de l’amitié et de la solidarité. Les élèves ont travaillé à toutes les étapes de l’élaboration du film par petits groupes, y compris pour la création de la bande son puisqu’il s’agit d’un film muet.
RETOUR D’EXPÉRIENCE
Pour les élèves , rencontrer un artiste permet aux élèves de découvrir une vision différente. Ce projet à permis de créer du lien dans le groupe entre décrocheurs et allophones et créer une histoire/expérience commune. Le point fort de ce projet a été que chacun puisse exprimer ses références culturelles au travers des œuvres rencontrées et des temps de pratique.
Pour les enseignantes, l’implication de l’ensemble de l’équipe et le mode de travail coopératif est un des points remarquables. C’est une habitude de travail qui existait déjà au sein du micro-lycée qui a la possibilité d’adapter les emplois du temps et les programmes plus facilement qu’un lycée général.
Le projet a été riche en émotions. Le bilan met en évidence une grande satisfaction de pouvoir transmettre les valeurs de solidarité et de coopération qui sont mises en avant sur la structure et de pouvoir valoriser le travail des élèves.
Les élèves ont été ravis et satisfaits de voir leur travail valorisé, lors d’une exposition dans la salle des fêtes de Saint Vaury, où le film réalisé à été projeté. Cependant, ils ont exprimé une certaine frustration de tourner un film "muet"
Après un Workshop avec le preac, l’EAC continue, les projets se suivent....
L’équipe enseignante désire à nouveau mettre en place un projet vidéo. Le bilan de cette expérience d’adoption a montré que ce support est très adapté aux élèves du micro-lycée. Ainsi, une nouvelle demande d’accompagnement sera faite par l’équipe enseignante, hors des actions du preac.
Pour ce micro-lycée, ce sera l’occasion de poursuivre le questionnement engagé autour du parcours et de l’identité. Laisser traces et empreintes de mon passage, décider de vers quoi je veux aller : "quel que soit mon parcours, je dois savoir qui je suis et où je suis !". Ce sujet est récurrent dans ce lycée professionnel, c’est une question essentielle pour les élèves qui bien souvent arrivent dans ce lycée par hasard.
Pour l’artiste :
Morgane Kabiry continue les interventions artistiques, principalement en milieu scolaire. Chaque année est propice à de nouveaux projets, autour de la vidéo, mais aussi de la photographie, de la scénographie et du théâtre, aimant mêler les arts visuels et les arts de la scène qu’elle pratique également. En 2022, elle intervient de nouveau au sein du lycée de Saint-Vaury, avec un projet de vidéo autour du souvenir d’enfance, des jouets qui nous ont accompagnés durant nos premières années. Ce projet multi-générationnel regroupe des collégien.ne.s, des lycéen.ne.s du micro-lycée, ainsi que quelques personnes résidants à Saint-Vaury.
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