Workshop

G EAU LOGIQUE #2

Rafaël Trapet

Mallette

ADOPTER UNE OEUVRE

La mallette G eau Logique proposait de questionner l’art et le paysage à travers la rencontre de deux œuvres:

  • Cornerstone de Scoli Acosta en collection du Frac-Artothèque de Nouvelle Aquitaine
  • Otro de Koo Jeong A dans le bois de sculpture du centre d’art de Vassivière

L’objet incitatif placé dans la mallette était une bouteille d’eau du lac de Vassivière.

LES ACTEURS DU PROJETS

  • Artiste : Rafaël Trapet.
  • Enseignantes : Camille Groll (arts plastiques), et Catherine Chkirate (arts plastiques).
  • Niveau : une classe de 5ème.
  • Établissement : Collège Donzelot, Limoges, Haute-Vienne.

ORIENTATION DU PROJET

Lors de la deuxième année d’expérimentation de la mallette "Adopter une œuvre # g eau logique", le PREAC a choisi l’artiste, Rafaël Trapet.

"Rafaël Trapet photographie le monde contemporain avec ses problématiques et ses alternatives. Ses images, que l’on peut qualifier de sociales, demeurent au plus près du monde du travail, du monde agricole et de l’écologie. Il ne sacralise pas ce qu’il observe mais le donne à voir pour mieux le comprendre, en posant un regard humain sur un monde en passe de ne plus l’être. Rafaël Trapet va à la rencontre de femmes et d’hommes d’aujourd’hui engagés dans la recherche d’alternatives sociétales." Source

Auteur photographe et vidéaste, Rafaël Trapet questionne notre monde et s’interroge autant sur des problématiques liées au travail, à la consommation, aux alternatives, aux territoires et aux loisirs. Sa démarche mêle un positionnement documentaire, presque scientifique, avec une recherche plastique et poétique.

L’adoption de cette mallette G eau Logique, fut alors l’occasion de questionner avec les élèves la pratique de la photographie et de la vidéo. En écho avec l’œuvre Otro, l’artiste choisit de détourner un objet qui fait partie de la culture des élèves, de la culture urbaine: le skateboard. Ainsi, ce projet a permis aux élèves de décaler leur point de vue, d’observer leur territoire d’une manière nouvelle et de faire image du paysage.

PRATIQUES ARTISTIQUES DES ÉLÈVES

Ce workshop "g eau logique" a permis aux élèves de réaliser :

des portraits photographiques ;

des prototypes de caméra sur roulettes inspirés de la pratique du skateboard ;

des travelings "au ras du sol" et des expériences de prise de vue en bord de Vienne et à proximité de l’établissement scolaire ;

des expérimentations des prototypes dans l’oeuvre de Koo Jeong A, Otro ;

une exposition dans la galerie de l’établissement des prototypes et des images réalisées.

Le projet s’est construit sur plusieurs journées ou demi-journées de travail en établissement étalées sur 2 mois. Ce déroulé était pertinent par rapport aux ateliers. Il permettait aux élèves de finaliser certaines parties du travail entre deux rencontres.

PARTENARIATS

Le Centre International d’art et du paysage de l’île de Vassivière a proposé un temps de médiation dans le bois de sculpture autour de l’œuvre de Koo Jeong A.

Le Frac Artothèque Nouvelle Aquitaine pour la médiation autour de l’œuvre de Scoli Acosta dans l’établissement scolaire.

RETOUR D’EXPÉRIENCE


5 points importants de ce projet mis en avant par l’enseignante

"Voir le monde différemment, l’eau, le paysage, la glisse.

  • Studio photographique :

S’approprier l’outil photo, apprendre à choisir un point de vue, mettre en scène (une personne, un objet…), porter attention aux effets de cadrage, de lumière, d’échelle…

  • Explorer le quotidien

Retracer le parcours du collège à la Vienne à pied. Réaliser des prises du vues photographiques du point de vue skate (environ 10 cm du sol). Voir l’habituel sous un angle inhabituel. Se questionner sur les effets de plan, de zoom, de matière. Quelle vérité derrière les images ?

  • Un objet de prise de vue

Fabriquer un skate board à l’aide d’objets de recyclage. Détourner la planche à des fins de travelling. Considérer l’objet comme un outil. Concevoir un réceptacle pour les appareils photographiques. Assembler, tailler, personnaliser les productions.

  • Expérimenter

Sur l’île de Vassivière, dans le bowl OTRO de Koo Jeong A et dans la sculpture de Yona Friedman. Utilisation des skateboards afin de réaliser des prises de vues photo et vidéo.

Panoramas, travellings, expérimenter la vitesse, le mouvement, retranscrire une sensation.

Voir et donner à voir.

  • Restituer, Présenter, exposer

Bilan sur l’atelier, visualisation des productions, verbalisation autour des résultats. Pousser les élèves à effectuer des choix de présentation, associer l’objet skate à une image en diptyque. Prendre en compte le point de vue du spectateur. "

Pour les élèves, l’aspect ludique de cette expérience "adopter une oeuvre" détournant l’objet skateboard leur a permis de rentrer avec enthousiasme dans une démarche de projet. La réalisation d’un certain nombre d’étapes, fabrication, expérimentation, prises de vue, prenait du sens, permettaient de concrétiser les idées des élèves. De plus, cela a permis aux élèves d’aborder des questionnements nouveaux pour eux, mettant en relation la représentation du paysage et de l’intervention dans le paysage.

Pour l’enseignante, ce projet était une première expérience de travail avec un artiste et des structures culturelles. L’accompagnement du Preac lui a permis de se former au-delà du temps de formation de deux jours où elle s’était inscrite. Les structures culturelles présentent lors des temps de préparation et d’ateliers avec l’artiste ont pu accompagner la mise en œuvre pour que l’atelier se déroule sous les meilleures augures. L’enseignante poursuit cette dynamique et a initié de nouveaux projets EAC avec d’autres structures culturelles et d’autres artistes.

Pour l’établissement scolaire, ce projet à permis de faire rayonner les arts plastiques grâce à l’exposition dans la galerie du collège, le Carré d’art (projet initié par l’autre professeure d’arts plastiques, Catherine Chkirate). L’administration du collège Donzelot connaît l’importance de l’existence et de la valorisation des pratiques des élèves. Par conséquent, elle a laissé beaucoup de souplesse à l’enseignante, pour réaménager les emplois du temps et planifier les différents moments du projet. En effet, la réalisation d’un projet EAC, comme celui-ci, permet entre autres, une amélioration du climat scolaire, une lutte contre le décrochage, une meilleure communication entre l’établissement et les parents d’élèves, une motivation nouvelle pour les élèves et les enseignants.

Pour l’artiste, le temps devant les élèves, une vingtaine d’heure était suffisant pour expérimenter et réaliser une série d’ateliers complémentaires. Cependant, le temps de post production pour la pratique vidéo a été problématique, et une partie du montage vidéo n’a pas pu se faire.

Pour le Preac, nous essayons dorénavant d’être plus vigilant quant au temps de post production. Il est important de ne pas sous-estimer dans un atelier qui questionne les médiums vidéo ou sons, les temps de montage, quel que soit les personnes qui seront en charge de ce travail, élève ou artiste, pour que cela soit réalisable dans le calendrier de l’action.