Workshop
PIERRE QUI ROULE #2
Aurélien Mauplot
Mallette
ADOPTER UNE OEUVRE
La mallette "Pierre qui roule" proposait de questionner l’art et le paysage à travers la rencontre de deux œuvres:
- Géométrée de François Morellet en collection du Frac-Artothèque de Nouvelle Aquitaine
- Sans Titre d’Andy Goldsworthy dans le bois de sculpture du centre d’art de Vassivière
L’objet incitatif placé dans la mallette était une pierre de l’île de Vassivière
LES ACTEURS DU PROJETS
- Artiste: Aurélien Mauplot.
- Enseignante : Marie-Caroline Berry (arts plastiques).
- Niveaux : une classe de 3ème.
- Établissement : Collège Firmin Roz, REP, Limoges, Haute-Vienne.
ORIENTATION DU PROJET
C’est la deuxième année d’expérimentation de la mallette "Adopter une œuvre # pierre qui roule". L’artiste choisi, Aurélien Mauplot, développe une pratique plastique et philosophique qui articule image, fiction, rêve et réalité.
La réalisation de ce projet a permis aux élèves d’appréhender le paysage dans l’art actuel, dans un processus de création qui a mis en œuvre leur imaginaire. La question de la représentation a été abordée sous différentes manières, la création de "boîte à rêve" a permis de donner forme à l’imaginaire des élèves, de travailler la narration mais aussi de questionner la présentation d’éléments naturels et d’objets dans l’œuvre.
Ce projet centré sur l’expérience personnelle des élèves, leur a permis de raccrocher aux enseignements, ce qui dans le contexte d’un établissement en réseau d’éducation prioritaire est très intéressant et motivant pour ce public scolaire.
PRATIQUES ARTISTIQUES DES ÉLÈVES
Ce workshop "pierre qui roule a permis aux élèves de réaliser :
- des collectes de matériaux naturels;
- des carnets d’écriture autour des rêves;
- des cartographies sensibles;
- des boîtes à rêve;
- tout cela dans une démarche de création processuelle.
Le projet s’est construit sur plusieurs demi-journées de travail en établissement sur une quinzaine de jours. Ce déroulé était pertinent à la fois par rapport aux ateliers proposés par l’artiste. Le temps à permis aux élèves de noter leurs rêves. Cette organisation était aussi intéressante par rapport aux élèves et leur capacité d’investissement.
Extrait du Projet de Travail d’Aurélien Mauplot
“- Objectifs dans un contexte sociétal où la réalité tient une place majeure (informations continues, réseaux sociaux, films tirés d’une histoire vraie...), cet atelier tentera d’approcher l’existence de l’imaginaire et les usages qui en sont possibles. Nous traiterons des notions du rêve comme vecteur commun et ressource inépuisable d’échappatoire, d’obsessions parfois et d’immersion. Les approches plastiques devront générer de nouvelles façons de dialoguer (communiquer) et de transmettre (représenter) une intimité ou une vision idéale. Enfin, nous tenterons de comprendre la nécessité d’écouter l’autre pour mieux appréhender et tolérer les différences d’approches, de représentation et de compréhension du monde.
Moyens de mise en œuvre :
- Définir des notions de rêves, chaque séance est ponctuée d’une discussion collective pendant laquelle nous définissons puis redéfinissons ce que sont les rêves.
- Écriture des rêves, cet exercice est une invitation. Chaque élève est invité à noter son rêve dans son carnet individuel. S’il le souhaite, il pourra travailler dessus. Il n’y a pas d’obligation. Seul ce qui compte est la production d’un élément rêvé, réel ou imaginé. Le rêve n’est ici qu’un prétexte, un élément déclencheur. La transformation du rêve (écriture, plastique) dépendra du travail réalisé en classe.
- Approcher la question de la narration La narration permettra de traduire un rêve, de le créer ou de le générer. Elle permet également de savoir s’exprimer, de représenter et de transmettre.
- Cartographie de paysages réels et imaginaires, cette partie est à la fois individuelle et collective. il s’agira de représenter de mémoire, un planisphère du monde, la carte du collège, celle de sa chambre puis de son récit rêvé. Cet exercice permet d’utiliser ses compétences de représentations mentales et de découvrir comment nous voyons les mêmes choses différemment.
- Découvrir des territoires En relation avec les sorties autour du collège et sur l’île de Vassivière.
- Récolter, rapprocher, classifier, désordonner, reproduire, construire. Ces récoltes permettent d’illustrer les récits et d’ancrer le réel dans l’imaginaire.
- Découvertes d’œuvres d’artistes, cette partie n’est pas systématique. Elle sert principalement de sources d’inspiration en vue de la production à réaliser. Elle est également faite pour présenter des artistes qui sont en relation avec notre thématique.
- Boîte à rêve c’est l’élément final du projet. Chaque élève doit produire sa boîte selon ce qui aura été travaillé en classe (définitions, cartes, récoltes, artistes...). Le contenu des boîtes est variable. Les élèves pourront utiliser tous les éléments, outils et techniques disponibles pendant l’atelier (éléments issus des récoltes, photos, dessins, matériaux divers...) Le principe est de représenter à l’intérieur de la boîte un rêve vécu, désiré ou imaginé. Il peut se traduire par une simple image comme par une composition aux techniques mixtes. Ce travail poétique est une clef pour le partage des imaginaires et des déterminations. C’est aussi la prolongation de mes recherches autour de l’immersion et de la création de mondes.”
PARTENARIATS
Le Centre International d’art et du paysage de l’île de Vassivière a proposé un temps de médiation dans le bois de sculpture autour de l’œuvre d’Andy Goldsworthy.
Le Frac Artothèque Nouvelle Aquitaine pour la médiation autour de l’œuvre de François Morellet dans l’établissement scolaire.
RETOUR D’EXPÉRIENCE
Les élèves se sont beaucoup investis dans le projet. L’artiste a su gérer un groupe d’élèves difficiles avec beaucoup d’aisance. Les choix de processus de création étaient particulièrement pertinents par rapport au public scolaire (REP). En effet, les petits ateliers récurrents, et le travail quotidien autour des rêves dans un carnet qui a été offert aux élèves en début de projet ont permis un bon investissement de tous les élèves. Certains ont pu présenter ce projet dans le cadre du PEAC pour l’épreuve orale du brevet.
Pour l’enseignante, le travail avec Aurélien Mauplot a été très bénéfique, "ce fut une très belle rencontre", elle désire travailler à nouveau mettre en place un projet avec lui, en dehors des actions du preac.
Aurélien Mauplot a aussi sollicité le PREAC pour participer à d’autres ateliers du paysage, d’autres mallettes adopter une œuvre.
Les élèves et l’enseignante ont écrit un retour de cet atelier avec 5 mots, 5 points saillants du projet qui les ont marqués :
1- REVE : Au début de chaque séance chaque personne présente devait donner en un ou plusieurs mots un rêve
- Un rêve « rêver » pendant son sommeil
- Un rêve, un souhait, une envie.
2- PARCOURS : Dessiner à plusieurs reprises, à partir des théories de Deligny, des parcours effectués par les élèves.
3- DELIGNY : Théories de Deligny chères à Aurélien.
4- BIENVEILLANCE : Bienveillance et fermeté de la part d’Aurélien vis à vis des jeunes.
5- ECHANGES : Échanges et écoute entre tous les intervenants présents lors de ce projet, ainsi qu’entre les élèves entre eux avec plus ou moins de réussite.
Aurélien Maulplot a fait parvenir au Preac un texte de plusieurs pages dont voici un extrait :
"Le résultat est plus que satisfaisant. Naturellement, tout n’est pas au même niveau. Mais j’y ai retrouvé la sincérité et la complexité de chacun et chacune. Et je dois reconnaître que ce qui m’importait c’était principalement le processus et je ne savais pas bien vers où nous allions avec ces boîtes à rêves. Et jusqu’au bout c’est resté une énigme pour tout le groupe. Cependant, lorsque je vois le nuage d’Evan ou le décalage de Wassim, les mises en scène de Lola, Elif et Candys, la vue de la terre de Julien, les paysages d’Alexis et d’Aymann et les projections spatiales de Ryan et Michael, je ne peux que croire que nous avons réussi à créer des mondes, et c’est l’un d’entre eux qui me demandait, mais je ne comprends pas, si je crée un monde ça ira ?"
Une même mallette, et des projets différents :
Pour le Preac, c’est un atelier qui a été très intéressant, nous avons pu observer qu’avec la mallette "Pierre qui roule#2", Aurélien et les élèves de Firmin Roz ont réalisé un projet pertinent et différent de la précédente expérimentation de cette mallette (au collège de Treignac avec l’artiste Pascale Guérin). Le dispositif pensé par l’artiste, a proposé aux élèves "comme une pierre qui roule", de faire un écho au questionnement de la construction de l’individu (à travers la carte et à travers les boîtes à rêves). Le travail d’Aurélien Maulplot et de Pascale Guérin ont des points communs, les questions de présentation et de représentation, mais aussi des disparité qui permettent au preac de faire évoluer et d’enrichir cette mallette "Pierre qui roule"
La mallette Pierre qui roule va évoluer pour l’année scolaire 2018-2019. Suite au bilan des deux premières années d’expérimentation, nous avons choisi de changer le titre, elle se nommera à présent "Construction circulaire"






























